Voir autrement, Philippe Balin

L’autobiographie de Philippe Balin, devenu aveugle à 14 ans. Sa cécité ne l’a pas empêché d’être reçu au concours de l’ENST, de devenir directeur à Air France, de finir 11ème aux championnats de France de canoë kayak. Il a beaucoup de succès auprès des filles, s’est marié, a eu deux enfants. Il raconte sa vie quotidienne d’aveugle qui veut vivre comme les gens « normaux » : il cuisine, n’hésite à organiser des dîners pour vingt convives, il prend l’avion, il va au cinéma, etc.
Et ce malgré toutes les difficultés dans notre société où rien n’est prévu pour intégrer le handicap.
Du point de vue professionnel, il développe une thèse intéressante et paradoxale : le handicap est un atout au sein de l’entreprise! Les handicapés ont une autre manière d’appréhender l’environnement, de ressentir les situations, de jauger leurs interlocuteurs. Ces compétences particulières peuvent apporter beaucoup à l’entreprise, par exemple une vision à plus long terme, un sixième sens dans les négociations.
Dommage que la plupart des entreprises ne jouent pas le jeu et ne fassent aucun effort pour l’accessibilité.

Un très beau livre, qui m’a beaucoup ému et a complètement modifié ma perception des aveugles. Un des rares livres dont je puisse dire qu’il m’a transformé : je n’étais pas le même quand je l’ai refermé. J’ai découvert beaucoup de choses, la principale étant la très grande autonomie que les aveugles peuvent avoir et leur aspiration à une vie normale.

29 août 2009, par Vincent

La reine dans le palais des courants d’air (Millenium t.3), Stieg Larsson

Au début du roman Lisbeth est à l’hôpital très mal en point, Blomqvist est menacé, les services secrets suédois complotent,… A qui peut-on faire confiance? Beaucoup de suspense, d’action et de rebondissements dans ce dernier volet de Millenium.

Excellent! J’ai adoré ce dernier tome de Millenium. C’est du grand roman policier avec un suspense de la première à la dernière page, une intrigue bien ficelée : j’ai fini les 700 pages en 5 jours! J’ai été conquis par ce troisième tome aussi bon que le premier alors même que le deuxième m’avait déçu.

26 octobre 2008, par Vincent

La rêveuse d’Ostende, Eric-Emmanuel Schmitt

Un recueil de cinq nouvelles d’Eric-Emmanuel Schmitt.
La rêveuse d’Ostende, vieille dame qui loue une chambre au narrateur a-t-elle réellement été aimée d’un prince? Crime parfait : qu’est ce qui a poussé cette femme à tuer son mari qui l’aime après 30 ans de mariage? La guérison : un homme tétraplégique après un accident de voiture va décomplexer l’infirmière ronde et solitaire qui le soigne. Les mauvaises lectures, comment un professeur de philosophie quinquagénaire qui n’a jamais lu de roman sera bouleversé par le roman de série B de sa cousine. Qui la femme au bouquet attend-t-elle en gare de Zurich depuis 30 ans? Chacun échafaude ses propres hypothèses.

Des nouvelles d’amour et de mort un peu inégales mais plaisantes à lire. Dans l’ordre, j’ai préféré les mauvaises lectures (drôle), la guérison (beaucoup de tendresse), crime parfait (quel gâchis). J’ai moins aimé la rêveuse d’Ostende (style un peu faible) et la femme au bouquet (du sous-Buzzati).

19 octobre 2008, par Vincent

Le livre noir de la censure, Emmanuel Pierrat

Compilation de divers cas de censure d’aujourd’hui, ce livre cherche à démontrer que la censure autrefois étatique s’est désormais privatisée grâce à un arsenal législatif étendu : loi de 1949 sur la protection de la jeunesse utilisée abusivement, droit à l’image invoqué par les people, loi de 1881 sur la liberté de la presse qui introduit entre autres les délits de diffamation, d’injure et même le délit d’offense au chef de l’Etat. Il cite également les menaces de certains groupes islamistes (un peu hors sujet). D’après la thèse défendue par ce livre, les menaces de procès entraîneraient une autocensure généralisée.

Facile à lire, ce livre raconte surtout des histoires archi-connues (Rushdie, Baise moi, la dernière tentation du Christ, caricatures de Mahomet,etc.) et je n’ai pas trouvé qu’il apportait grand chose : peu de recul, approche superficielle, aucun éclairage nouveau sur ces affaires célèbres. Seuls m’ont intéressé les chapitres sur le droit à l’image ainsi que les dérives de la loi de 1881. Emmanuel Pierrat semble avoir déjà écrit plutôt rapidement un livre sur les vols dans les musées : Museum connection.

6 octobre 2008, par Vincent

Maquillages, Eric Halphen

Maria, jeune maquilleuse est assassinée. L’enquête est menée par le commandant Bisek de la brigade criminelle et le juge d’instruction Barth qui a du mal à vivre après le décès de son épouse. Le point de vue est original : on suit l’enquête à travers les juges et les policiers. Les enquêteurs sont humains, ils ont des problèmes dans leur vie comme tout un chacun, c’est d’ailleurs le principal intérêt du roman, les relations humaines entre les personnages ainsi que la description précise des procédures judiciaires et du rôle de chacun : juge d’instruction, brigade criminelle, substitut,…

J’ai beaucoup aimé ce livre du juge Halphen qui connaît bien le milieu judiciaire et le décrit avec beaucoup de brio.

30 septembre 2008, par Vincent