La part de l’autre, Eric-Emmanuel Schmitt

Que se serait-il passé si Adolf Hitler avait été reçu aux Beaux Arts de Vienne en 1908?


L’auteur retrace en parallèle le parcours d’Hitler, peintre raté, frustré, marginal sans le sou jusqu’en 1914 qui se révèlera pendant la guerre et prendra ensuite la direction du parti nazi dans les années 20 et celui d’Adolf H., reçu aux Beaux Arts, épanoui, peintre surréaliste vivant à Paris dans une Europe pacifiée.

Très belle fiction historique, uchronie, mais surtout étude psychologique d’Hitler - personnage mal dans sa peau, sans sexualité, antisémite sur le tard, fanatique de la haine. Plus généralement, Eric-Emmanuel Schmitt nous offre une réflexion philosophique sur le destin qui bascule, les frustrations accumulées et tues qui peuvent conduire au pire. Avant guerre, Hitler n’est pas antisémite, ni brillant orateur. On plaint presque ce peintre raté sans envergure. D’ailleurs Adolf H. est soigné par Freud, clin d’oeil de l’auteur. Le roman nous interroge sur le côté obscur en chacun de nous, la part de l’autre. J’ai bien aimé et j’ai seulement regretté l’insistance sur la vie sexuelle des personnages qui n’ajoute pas grand chose au propos.

Un commentaire pour “La part de l’autre”

  1. fabrice a écrit  

    Je ne suis pas d’accord. Il s’agit probablement de la plus faible production de E A Schmitt. L’écriture est souvent faible. Les personnages sont hantés par le destin et leurs personnalités superficielles et faciles. L’idée de départ était séduisante mais le reste laisse à désirer.

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