C’était Marie-Antoinette, Evelyne Lever

Evelyne Lever raconte la vie de Marie Antoinette, depuis sa naissance à Vienne le 2 novembre 1755 jusqu’à son exécution le 16 octobre 1793. Reine futile, ne pensant qu’à ses plaisirs, sans aucun sens politique, elle a le don de se faire des ennemis et se rendre impopulaire comme en témoignent ses sobriquets : l’Autrichienne, Madame Déficit. Dès son arrivée à Versailles, elle méprise la comtesse du Barry, maîtresse de Louis XV et ne respecte pas la stricte étiquette de la cour de France. Par l’intermédiaire de Mercy, ambassadeur d’Autriche, sa mère Marie Thérèse puis son frère Joseph II essaient de la manipuler pour qu’elle influence Louis XVI, qui n’en a cure.

Louis XVI est dépeint comme un roi falot, faible et impuissant. Tout comme elle, il ne comprend pas que les temps ont changé et que la monarchie doit s’adapter pour survivre. L’affaire du collier qui a renforcera encore son impopularité est révélatrice : elle s’acharne contre le cardinal de Rohan, innocente victime de l’escroquerie (tout comme elle), mais qu’elle croit coupable ; à son grand dam le cardinal sera innocenté par le tribunal qui la désavoue par la même occasion. Pendant la révolution elle joue un double jeu permanent, appelant à la rescousse les Autrichiens tout en faisant mine de soutenir le parlement. Elle connaitra une fin terrible à la prison du temple avec ses enfants.

J’ai beaucoup aimé ce récit très humain avec compréhension mais sans complaisance. On a pitié de Marie-Antoinette et de son destin tragique. Evelyne Lever explique bien les origines et le déroulement de la révolution. Ni Marie-Antoinette ni Louis XVI n’étaient les personnages de la situation. Louis XVI était à la fois trop autoritaire pour accepter les changements et trop faible pour maintenir son autorité. Il est paradoxal que les parlementaires aient pu vaincre l’absolutisme royal parce qu’ils avaient en face d’eux un roi faible et finalement assez ouvert.

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