Archive de la catégorie ‘Roman historique’

Tous les matins du monde, Pascal Quignard

Monsieur de Sainte Colombe a perdu son épouse et il élève ses deux filles Madeleine et Toinette dans la musique et la viole de gambe. Souvent il s’isole pour jouer et communiquer ainsi avec sa femme défunte. Méprisant les honneurs il refuse de jouer à la cour du Roi Soleil. Marin Marais devient son élève très brillant qui abandonnera Madeleine après une histoire d’amour. Lui ira jouer chez le Roi ce que Sainte Colombe ne lui pardonnera pas. Plus tard, Marin Marais écoutera son maître en cachette à l’aube l’aurore de sa vie pour saisir l’instant de grâce.

Très beau roman écrit dans une langue très pure, des phrases simples avec un vocabulaire recherché et précis. Les thèmes abordés sont les relations maître-élève, la musique, la création, la fugacité de l’instant, la vie, la vieillesse le tout dans le grand siècle baroque : Tous les matins du monde sont sans retour.

9 décembre 2005

Un long dimanche de fiançailles, Sébastien Japrisot

En 1917, cinq soldats français qui s’étaient mutilés pour échapper à l’horreur des tranchées sont condamnés à mort et abandonnés seuls devant les lignes ennemies. Parmi les cinq, il semble qu’un ou deux aient survécu… Mathilde, jeune handicapée mène l’enquête quelques années après la guerre pour retrouver son fiancé Manech qu’elle espère toujours vivant.

Un beau suspens dans ce roman de Sébastien Japrisot bien ficelé dont j’ai dévoré les quatre cents pages en trois jours. Le dénouement est très bien amené par l’enquête menée tambour battant par Mathilde. La boucherie de la grande guerre est raconté avec extrèmement de réalisme par Japrisot ; ce récit dénonce bien l’horreur et l’absurdité des guerres, en particulier de celle là.

8 décembre 2005

La mort est mon métier, Robert Merle

Pour inaugurer le blog, je souhaite parler de ce livre écrit dans les années 1950. Robert Merle raconte à la première personne la vie de Rudolf Lang, commandant d’Auschwitz. Toute sa vie il a obéi aveuglement aux ordres de ses chefs nazis et c’est lui qui mit en place la solution finale.

Ce récit fait froid dans le dos. Merle montre l’organisation froide, la minutie, le progrès technique au service de la pire des barbaries : l’extermination systématique d’autres hommes, tout ça par pure obéissance au chef, sans état d’âme, sans se poser de questions.

8 décembre 2005