Suite française, Irène Némirovsky

Le récit terrible de la débâcle de 1940 où les égoïsmes, la lâcheté, la bestialité pour la survie mais aussi les différences de classes se révèlent au détriment de tout humanité. Des scènes bouleversantes : la patron préfère charger dans son auto les bagages de sa maîtresse plutôt que d’emmener ses employés, des morts plus terribles les unes que les autres, la résignation et la collaboration.

Un livre magnifique et bouleversant sur cette période peu connue. L’émotion est d’autant plus grande qu’Irène Némirovsky a écrit ce livre poignant dans la clandestinité pendant qu’elle vivait ces événements tragiques et qu’elle est morte déportée à Auschwitz en 1942. Le manuscrit inachevé a survécu par miracle et a été retrouvé en 1980.

15 septembre 2007

La fin d’une liaison, Graham Greene

Deux ans après leur séparation inexpliquée, le narrateur croise par hasard son ancienne maîtresse Sarah. Il la fait suivre par un détective pour essayer de comprendre pourquoi elle l’a quitté, pourquoi elle se refuse à lui, quel amant elle voit en secret. Il se rend compte alors que son rival, c’est Dieu en personne! Pendant les bombardements de Londres, il a été tué par une bombe. Sarah a prié et fait le serment de cesser leur liaison s’il était sauvé. Et là, miracle, il a ressuscité.
Malgré ses tentatives pour ne pas croire, elle se résout à accepter la présence divine que trop de signes attestent. Le narrateur lui même refuse de croire mais il y est presque forcé par les événements autour de lui. Son ultime réplique : “Qui que vous soyez, laissez-moi tranquille, ne me tourmentez plus!”

Magnifique livre touché par la grâce, d’où a été tiré un très beau film. J’ai aimé la légereté, la justesse, la grâce mais aussi l’humanité des personnages.

21 octobre 2006

La part de l’autre, Eric-Emmanuel Schmitt

Que se serait-il passé si Adolf Hitler avait été reçu aux Beaux Arts de Vienne en 1908?

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9 février 2006

La mort est mon métier, Robert Merle

Pour inaugurer le blog, je souhaite parler de ce livre écrit dans les années 1950. Robert Merle raconte à la première personne la vie de Rudolf Lang, commandant d’Auschwitz. Toute sa vie il a obéi aveuglement aux ordres de ses chefs nazis et c’est lui qui mit en place la solution finale.

Ce récit fait froid dans le dos. Merle montre l’organisation froide, la minutie, le progrès technique au service de la pire des barbaries : l’extermination systématique d’autres hommes, tout ça par pure obéissance au chef, sans état d’âme, sans se poser de questions.

8 décembre 2005